Le bourgeon de Georges Feydau


Le bourgeon a été représenté au Théâtre de l’Ouest Parisien (TOP) et sera en tournée cet automne :

6 octobre : Flers / SN 61
14 octobre :
Dreux
16 oct :
Brive-la-Gaillarde
17 oct (ss réserve avec confirmation fin avril) :
Brive-la-Gaillarde
6 nov :
Meudon
12 nov :
Fréjus
19 novembre :
Montrouge
21 novembre :
Top / bb (Théâtre de l'ouest Parisien)
22 novembre :
Top / bb
23 novembre :
Top / bb
25 novembre :
SN de Martigues
27 nov :
Rousset
5 déc :
Herblay
6 déc :
Chartres
13 déc :
Radiant (Lyon)
18 décembre :
Cachan

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Quelques articles :


Le frétillant bourgeon de l’Ouest Parisien

Depuis quelques temps Maurice est terne, il a des vapeurs. S’inquiétant de le voir si faible, sa mère, la Comtesse, fait venir un docteur. Le diagnostique est sans appel : il lui faut… une femme, au grand dam de celle qui l’a élevé dans la pureté et la chasteté.
Etonnamment sous-estimée, cette pièce rarement jouée depuis sa création en 1906 est pourtant un petit bijou. Mariage, religion, conventions, pulsions… ça balance pas mal dans ce Feydeau-là où l’on prend un malin plaisir à voir s’entrechoquer les postures sociales. Entre humour et tendresse, la comédie de mœurs menée tambour battant parvient à brasser ces sujets grinçants avec toute la finesse et la dérision qu’ils nécessitent.
Sur les planches du Théâtre de l’Ouest Parisien, la modernité de la mise en scène de Nathalie Grauwin et la scénographie épurée – un lustre, quatre chaises, un banc – laissent toute la place à onze comédiens époustouflants de générosité.
Nous étions à la première de ce bourgeon très actuel et ce fut un triomphe. Largement mérité.

B.P.
Le Zèbre

Critique • « Le Bourgeon » de Georges Feydeau au TOP

Ah ça, Monsieur, c’est un bon spectacle, ça, Monsieur ! Quel génie, ce Feydeau. Quel texte ! Pourtant très peu représenté, ce spectacle écrit en 1906 est un véritable petit bijou. Il s’agit d’une comédie de mœurs très bien ficelée autour de thèmes aussi forts que la religion, l’immobilisme social et la sexualité.
 
Maurice, un jeune homme considéré comme un saint parmi ses proches et idolâtré par sa mère, la Comtesse de Plounidec, est rongé par son désir naissant pour les femmes. Accablée, la comtesse pétrie de chrétienté, finit par demander conseil auprès d’Etiennette, une Cocotte sauvée de la noyade par son fils. Mais Etiennette sauvée de la noyade se croit également lavée du pêché et voue un amour spirituel et inconditionnel à son sauveur Maurice, descendant direct du Christ à ses yeux. Le prêtre saura-t-il faire taire son désir ? Leur amour sera-t-il accepté, malgré leurs différences sociales ?
 
Non et non. Il s’agit d’une comédie plutôt grinçante. Feydeau nous avait habitué à sa critique acerbe, détournée et caricaturale de la bourgeoisie de son époque, mais dans « Le Bourgeon », la note est encore plus salée et laisse un véritable goût amer dans la bouche. Peut-être bien parce qu’en un siècle, la société a peu évolué ? Il n’y a bien que Pretty Woman pour nous faire croire le contraire. Entre mariés cocus et désabusés, prêtres pervers et hypocrisie sociale, le pas est vite franchi. Attention, on rit quand même, et de bon cœur !
 
En plus Nathalie Grauwin nous a fait le cadeau d’une distribution idéale avec ses 11 comédiens plus que parfaits et une scénographie minimaliste de 4 chaises ingénieuses sur scène et quelques effets de lumière bien placés. Mais ce qu’on retiendra avant tout, c’est cette maitrise absolue de la direction d’acteurs, qu’elle a, telle un Maître d’Orchestre, su chorégraphier de façon originale et intelligente. Les mouvements des corps, les rythmes des jeux, les mimétismes, les déplacements dans l’espace ont été finement pensés.
 
Souhaitons-leur un bel avenir, ils le méritent.


Rachelle Dhéry
Un fauteuil pour l’orchestre